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ÉTÉ 2026 • L'OEIL DU PRO

Des stages à thème : la nouvelle clé du succès ?

10 juil. 2026

Fondatrice et dirigeante du Haras d'Ors depuis 2013, Marine Marinho propose à chaque vacances scolaires des stages à thème pour les enfants et les adultes. Un format original qu'elle explique dans cette…
Qu'est-ce qui vous a poussé à proposer des stages à thème plutôt que de rester sur des stages classiques (découverte, perfectionnement) ?

Marine Marinho : Au tout début, quand je me suis installée, je proposais comme tout le monde des stages assez classiques. Je me suis installée jeune et sans expérience, j'ai démarré de zéro ! Pour me faire connaître et constituer une clientèle, il fallait proposer des offres novatrices. Au fil des années, je me suis rendu compte que le stage « classique », c'est-à-dire un stage de saut d'obstacles, de dressage ou de Hunter, pouvait donner à la clientèle un sentiment de similitude entre les offres, ne serait-ce que par l'intitulé. Je sentais une demande pour autre chose. Comme j'aime l'innovation et me démarquer, je me suis dit qu'il serait sympa, notamment pour les enfants, d'avoir un vrai objectif lors de ces stages.

M. M. : Je ne parlerais pas forcément d'un essoufflement. Les jeunes qu'on vise n'ont pas d'objectif technique ou de compétition. Un stage à l'intitulé basique et au contenu classique correspond un peu à ce qu'ils ont déjà fait toute l'année, ça ne les intéresse pas vraiment. Quand ils viennent tester quelque chose pendant les vacances, ils cherchent justement quelque chose de différent, quelque chose qu'on ne peut pas forcément leur proposer pendant l'année.

M. M. : Parmi les familles qui participent à nos stages, une partie sont nos clients habituels ; d'autres ne pratiquent pas pendant l'année pour différentes raisons. Ces derniers n'ont pas forcément envie d'entrer dans la technique ni de progresser : ils veulent surtout vivre l'activité, un peu comme on passerait une journée au centre aéré ou dans un parc de loisirs. C'est là tout l'attrait des thématiques : ça leur parle, parce qu'il y a un visuel, une phrase d'accroche et des objectifs concrets pour les enfants : des énigmes à résoudre au fil des activités, une chasse au trésor, un petit diplôme, des éléments à collecter pour construire quelque chose. Tout cela donne beaucoup plus d'intérêt au stage. Ce format nous a permis de fidéliser toute une partie de clientèle qui n'est pas licenciée à l'année, et ça représente environ 50 % de nos rentrées d'argent sur chaque période de vacances.

M. M. : À la base, c'était vraiment pour me différencier et proposer autre chose. Dans le même temps, cette offre répondait à une demande de la clientèle. Des parents nous ont clairement dit qu'ils ne pouvaient pas inscrire leurs enfants à l'année, mais qu'ils voulaient quand même garder ce lien, ce contact avec l'animal pour leur enfant. Au Haras d'Ors, nous voulions répondre à cette demande en proposant, à chaque période de vacances, des thèmes ouverts à tous. On le précise d'ailleurs sur nos affiches : grâce à ces thématiques, que l'on soit complètement débutant ou Galop 2-3, on peut totalement s'immerger dans le thème et s'éclater. Avec treize ans de recul, je constate qu'une partie des clients ayant fait ce type de stages à chaque période de vacances pendant un an ou deux ont fini par devenir des cavaliers à temps plein. Ce choix était donc motivé d'abord par l'envie de se différencier, ensuite par la demande de clients extérieurs, et enfin par ces retours sur le long terme.

M. M. : Le cœur de l'offre reste les enfants. Pour les ados, on a essayé, mais ça ne prend pas trop : chez nous, une fois qu'ils ont goûté à la compétition, l'animation ne les intéresse plus. Pour les adultes, en revanche, nous avons commencé à lancer la formule, avec des journées en juillet et en août, mais dans un esprit différent : plutôt un combo entre équitation et bien-être. Notre public adulte est représenté en majorité par des mamans, et quelques hommes aussi. Ces adultes montaient étant jeune et ont dû arrêter pour différentes raisons. Comme nous avons désormais beaucoup de groupes adultes, nous leur proposons des journées à thème. L'orientation bien-être consiste à combiner des temps de pratique à cheval avec des moments de relaxation : du yoga, des étirements en musique à cheval, l'intervention d'une collègue en shiatsu, du massage sur les chevaux ou entre participants, de l'échauffement, de la psychomotricité.


Exemple d'affiche du Haras d'Ors pour les adultes
Exemple d'affiche du Haras d'Ors pour les adultes

M. M. : Tout à fait, c'est pour ça qu'on continue dans cette voie et qu'on innove à chaque fois. Aujourd'hui, on s'appuie aussi sur des outils comme l'IA : on lui donne notre thématique et notre phrase d'accroche, et elle nous génère une affiche. Nous obtenons des visuels attrayants qui donnent envie. Ça fonctionne très bien et nous n’avons pas du tout envie de changer. Je motive d'ailleurs mes apprentis et mes salariés en ce sens : je leur demande d'avoir des idées, de l'imagination, et nous en discutons ensemble. Le format a vraiment fait ses preuves.

M. M. : Pour l'instant, je referais ce choix sans hésiter et je ne vois pas vraiment ce que je pourrais faire de mieux. En soi, nous n'avons rien inventé : nous avons simplement donné plus d'attrait et de visuel à nos stages, et avons mis un vrai concept derrière. Ça nous demande de la réflexion et du travail de préparation, à moi comme à mon équipe. Il faut créer du matériel supplémentaire. Pour la journée Monopoly, on s'est inspiré du vrai jeu pour fabriquer un plateau adapté à notre activité, avec nos propres cartes. On s'est éclaté à le faire !

M. M. : On propose ces stages sur un ou deux jours selon la thématique. Quand il y a un vrai récit, une histoire à dérouler, on part souvent sur deux jours pour aller jusqu'au bout. C'est comme un scénario : on monte une petite trame avec des activités qui donnent des « passe-droits ». Bien sûr, c'est simplifié et il n'y a jamais de perdant.


Si je prends la journée Monopoly, l'équitation devient surtout un moyen d'avancer dans le jeu : c'est un peu comme si chaque épreuve à cheval remplaçait le dé. Le matin, on commence par du travail à pied, de l'Equifeel avec un parcours d'embûches, et chaque réussite fait gagner des cartes : la carte selle, la carte filet, la carte brosse. Les enfants ont envie de gagner ces cartes pour pouvoir brosser leur poney, mettre la selle, le filet. On transforme un peu le centre équestre en terrain de jeu géant. Pour ce Monopoly, on fabrique un plateau inspiré du vrai jeu mais customisé aux couleurs du Haras d'Ors. Entre midi et 14 h, on joue sur le plateau : selon leurs résultats, les enfants avancent leurs pions et gagnent de l'argent fictif pour s'acheter un box, l'accès à la carrière, etc. L'après-midi, comme ils ont tous gagné leur selle, leur filet et leur brosse, on repart sur des épreuves à cheval et ils continuent à gagner des billets d'Ors. Tout l'esprit du Monopoly est là. On en profite aussi pour les sensibiliser à la vraie vie d'un centre équestre : sur le plateau apparaît la licence FFE, ou encore une carte vétérinaire : « votre cheval s'est fait un petit bobo, vous devez payer 160 billets d'Ors au vétérinaire ou au maréchal-ferrant ». C'est une façon ludique et légère de leur faire découvrir les charges et les réalités d'un club. Les enfants adorent. On décline ensuite le principe sur d'autres thèmes : un escape game, un « Poney d'Or Summer » plutôt axé jeux d'eau, ou un stage super-héros avec un vrai scénario et une petite partie lecture pour poser le contexte.


Plateau du jeu de Monopoly inventé par le Haras d'Ors
Plateau du jeu de Monopoly inventé par le Haras d'Ors

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