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FÉVRIER 2026 • UNE QUESTION AU PRÉSIDENT DE LA FFE

Une question à la Direction Technique Nationale

3 févr. 2026

Sophie Dubourg, Directrice Technique Nationale de CSO, répond à notre question du mois. En février, zoom sur la suppression du chronomètre pour les épreuves d'indice 4.

La suppression du chronomètre dans les épreuves indice 4 de CSO suscite le questionnement de certains parents et enseignants. Pouvez-vous expliquer ce choix et partager vos suggestions pour conserver l’intérêt des cavaliers pour ces épreuves ?

La suppression du chronomètre en saut d’obstacles Poney A2, Poney 4 et Club 4 répond à un objectif prioritaire : former les cavaliers avant de les mettre dans une logique de performance. À ces niveaux, l’enjeu est de développer le contrôle de l’allure, la direction et le tracé, l’équilibre du couple et la capacité à construire un sans-faute propre et maîtrisé. C’est pourquoi ces épreuves sont désormais proposées au barème A sans chronomètre, avec des classements ex æquo.

 

Le sans-faute est aujourd’hui fortement valorisé ; l'attribution des points en saut d’obstacles dans toutes les divisions, sauf Pro, a été modifiée. Également, les points ont été harmonisés pour tous les indices, dans un but de simplification. Ainsi, 10 pts seront systématiquement attribués à tous les couples terminant sans faute, et dans le temps, quel que soit leur quart. En fonction du classement de l'épreuve et donc du quart, le couple prend les points suivants, quel que soit l'indice. 1er quart : 10 pts, 2e quart : 5 pts, 3e quart : 2,5 pts.


Par exemple :

●      Un cavalier terminant une Club 2 avec 4 pts de pénalité et dans le 1er quart, prend 0 + 10 pts.

●      Un cavalier terminant sans faute et dans le 2ème quart d’une Amateure Élite, prend 10 + 5 pts.


Ainsi, la réussite ne repose plus sur la vitesse, mais sur la régularité et la maîtrise du parcours. À noter que les épreuves préparatoires sont désormais au coefficient 0,5, donc toujours qualificatives mais rapportant moins de points que les épreuves Grand Prix (coefficient 1).

 

Serrer les courbes et apprendre à monter juste ne dépend pas uniquement du chronomètre. Ces compétences se travaillent dans les épreuves GP ou spéciales sans chrono, par des tracés techniques ou options particulières et dans le travail pédagogique de l'enseignant au club. La gestion du temps et de la vitesse reste un apprentissage progressif, intégré aux indices supérieurs, lorsque les bases sont acquises.

 

Le désintéressement observé après plusieurs concours sans classement est un signal à prendre en compte, mais il ne doit pas conduire à une montée prématurée de catégorie, ni à une mise en difficulté du cavalier ou du poney/cheval. Le rôle des enseignants et des organisateurs est essentiel pour redonner de la valeur au sans-faute, rappeler que la progression technique prime sur le flot, et accompagner les familles dans la compréhension du parcours de formation.

 

Comme l’explique Sophie Dubourg, directrice technique nationale, “nous nous sommes inspirés de ce qui se fait dans de nombreux pays étrangers, où des épreuves sans chronomètre sont mises en place. Celui-ci peut participer à la dégradation des compétences techniques. Un bon tracé et l’équilibre doivent venir avant le jeu de la vitesse. Il est possible d’avoir accès à des épreuves formatrices où un classement est proposé, comme en hunter. C’est aussi un message envoyé aux enseignants, aux jeunes, leurs parents, que de nombreuses autres disciplines existent. Nous réfléchissons par ailleurs à combiner les épreuves de saut d’obstacles et de hunter, avec des adaptations afin de faciliter le travail notamment des organisateurs. Enfin, toutes les réflexions sont le fruit d’échanges au sein de la commission fédérale de saut d’obstacles, présidée par Denys Troussier, dont les membres sont représentatifs du milieu équestre : cavaliers, dirigeants de club, organisateurs, etc. Il est important de consolider la formation de nos cavaliers et il faut noter que ces évolutions ont été saluées par de nombreux acteurs.”

 

En résumé, cette évolution vise à sécuriser la formation des cavaliers, éviter les montées de catégorie précipitées et valoriser une progression technique durable. La gestion du chronomètre s’inscrit dans une étape ultérieure du parcours de formation ; l’acquisition d’une équitation juste débute dès les premiers niveaux.

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