ÉQUITATION & CANCER

Le cancer est une maladie qui touche aujourd’hui de très nombreuses familles. Quels que soient sa forme, ses symptômes, sa persistance, nous avons tous croisé le chemin de familles touchées par le cancer.  De manière plus concrète, l’Institut National du Cancer estime « à environ 382 000 nouveaux cas de cancer pour l'année 2018 en France métropolitaine (…) ».* Les cancers sont donc l’une des maladies les plus répandues sur notre territoire.

 

Troisième fédération sportive en nombre de pratiquants, la FFE intègre l’accompagnement de ce type de maladies dans son programme Cheval et Diversité. Mais alors, comment accompagner les malades du cancer ? La pratique de l’équitation peut-elle permettre de prévenir certains cancers ? Et a-t-elle une incidence sur la guérison des patients ? Pour en savoir plus, nous sommes allés à la rencontre de l’association Hope, créée en 2017 en Auvergne-Rhône-Alpes, pour accompagner les femmes touchées par le cancer  grâce à l’équithérapie et à l’art-thérapie. Co-fondée par Annabel Brourhant et le docteur Nicolas Chopin, cette association est l’une des premières structures dédiées à l’accompagnement des malades du cancer grâce à la médiation équine.

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La prévention

Si l’Institut National du Cancer et de nombreux professionnels de santé s’accordent à dire que la pratique régulière d’une activité physique permet la diminution d’apparition de maladies chroniques dont les cancers, le facteur est encore aujourd’hui difficilement quantifiable. Ainsi, lors du congrès Cheval et Diversité des 27 et 28 mars dernier, le Professeur François Carré, Professeur en physiologie vasculaire au CHU de Rennes affirmait « Si je pratique 30 minutes d’activité physique par jours, je peux vivre presque 10 ans de plus en bonne santé. ».

Le docteur Nicolas Chopin, Chirurgien-oncologue au Centre Léon Bérard à Lyon, va dans ce sens également. « En termes de prévention du cancer, il existe aujourd’hui des études chiffrées sur la pratique du sport mais pas concernant la pratique de l’équitation. Cela joue sans doute un rôle mais scientifiquement, rien n’est aujourd’hui mesuré. » Si cela ne peut à ce jour être énoncé comme une vérité scientifique, il semble que la pratique d’une activité physique représente tout de même un bienfait pour la prévention des maladies chroniques.

Durant et après le traitement

Le docteur Chopin explique. « Les mentalités sont en train d’évoluer au sujet de la pratique sportive pendant le traitement du cancer. L’équitation, moins éprouvante physiquement qu’un marathon peut alors être un sport plus adapté à une majorité de patients. La place de la médiation animale évolue également depuis quelques années. Et la place du cheval entre alors parfaitement dans les réflexions du corps médical. L’association Hope a été créée dans cette optique et l’équithérapie entrait parfaitement dans notre démarche. Jusqu’à présent, la démarche globale d’accompagnement se faisait assez mal dans les hôpitaux pour deux raisons. Nous avions peu de convictions scientifiques et de moyens. Par manque de temps aussi, nous concentrions nos efforts sur le temps du soin. » 

Le spécialiste, co-fondateur de l’association Hope poursuit « Aujourd’hui, il n’existe aucune donnée scientifique sur l’équithérapie et le cancer. Mais il y a des pistes et cela rentre dans l’évolution des pratiques et des pensées médicales.» Mettant en lumière le « point de rupture » entre la période de soin très encadrée médicalement et la reprise progressive de la vie courante pour les patients, le docteur Chopin souhaite intégrer « l’après-cancer » dans un parcours de soins. « Ce que je constate, c’est que la période qui suit la phase majeure du traitement est une période très particulière pour les patients. Durant cette période, la dimension psychologique et physique est primordiale. 25 % des patients ne reprendront pas le travail, 60% reprendront mais de manière différente. Si les conséquences psychologiques sont encore difficiles à mesurer on note pourtant des syndromes dépressifs dans 20% des cas au minimum. Ce qui a été montré c’est qu’avoir une activité physique améliore la qualité de vie des patients. Avoir une aide psychologique, est un bénéfice évident. Il existe également un certain nombre d’études sur l’effet des groupes (de parole ou de sport). Les interactions sociales sont bénéfiques sur la qualité de vie des patients. L’isolement social entraîne, au même titre que l’obésité ou la poursuite du tabac, un risque de récidive. »

Annabel Brourhant, la fondatrice de l’association Hope témoigne. « On m’a diagnostiqué un cancer du sein il y a six ans. A l’époque, j’étais en train de réaliser mon rêve d’enfant, en construisant une écurie à la maison. Lorsque j’ai appris que j’avais un cancer, j’ai continué à aller voir mes chevaux. Ma jument Magie, m’a supporté tous les jours ! Quelques semaines après mon opération et ma reconstruction mammaire, j’ai emmené mon fils aux championnats de France à Lamotte Beuvron, au volant du camion. La seule période vraiment difficile a été celle des trois semaines après l’opération où je ne pouvais rien faire du tout. Les chevaux ont été ma bouée de secours. Aujourd’hui j’ai quelques consignes de sécurité en plus mais je monte en ce moment 3 chevaux par jour et j’oublie tout. Au fil des contrôles avec le docteur Chopin, nous avons tissé des liens, grâce aux chevaux, car lui aussi est cavalier. C’est comme cela qu’est née l’association. Depuis le départ, j’utilise mes chevaux de concours. Nous ne faisons que du 

travail à pieds et l’alternance entre les séances avec les femmes et le travail habituel leur convient. Je ne suis pas thérapeute mais je fais appel à une équithérapeute. Lors des séances d’équithérapie, les chevaux sont totalement en osmose avec les femmes. Ce sont de vraies éponges. Et parfois ils les remettent aussi à leur place ! C’est assez impressionnant. »

Le docteur Chopin confirme « Je pense que le cheval est un animal particulier. Ce n’est pas la même relation qu’avec un chien ou un chat. Le chien fait peut-être plus de câlins, l’abord est peut-être plus facile avec le chien mais l’effet miroir de nos sentiments me semble plus important avec le cheval qu’avec un autre animal. Je ne suis pas équithérapeute mais les exercices permettent de comprendre les réactions et actions des patientes grâce au comportement du cheval. Le cheval est un prétexte pour verbaliser tout ce qu’elles ressentent aussi. La plupart de nos patientes ne sont pas cavalières, elles ne connaissent pas forcément les chevaux mais nous observons que la connexion se fait assez rapidement. » 

« Le poney de ma fille rend amoureuses toutes les femmes qu’il rencontre. Certaines m’en parlent encore plusieurs semaines après l’avoir simplement croisé. Ces connexions sont assez impressionnantes » conclut Annabel Brourhant.

 

Si peu de choses sont donc aujourd’hui développées pour l’accompagnement des patients atteints de cancer, l’association Hope pourrait bien être un modèle pour notre Région et permettre au corps hospitalier de développer les recherches sur les bénéfices de l’équithérapie ou de la médiation animale plus largement, dans l’accompagnement des patients post-traitement. « Aujourd’hui, nous devons faire cet effort d’évaluation, sinon nous serons toujours au même point dans 15 ans. Toute une batterie d’études est à mettre en place et nous pouvons aider à les développer. » conclut Nicolas Chopin.

*estimations d'incidence réalisées pour chaque type de cancer pour l’année 2018, par l’Institut National du Cancer – www.e-cancer.fr

Pour les enseignants souhaitant se former

La Fédération Française d'Équitation propose des contenus de formation qui visent à rapprocher les acteurs et à accompagner la montée en compétences et connaissances des professionnels de la Médiation Avec les Équidés, MAE. Ainsi, des formations sont proposées pour les professionnels équestres et les professionnels sanitaires, sociaux et médico-sociaux.

En 2020, la formation de médiateur équin débutera le 7 septembre. Elle est accessible aux professionnels équestres, sanitaires, sociaux, médico-sociaux titulaires d'un diplôme de niveau 4, de 3 ans d'expérience dans le domaine professionnel du diplôme et d'un Galop 4 (pour les professionnels non équestres).

 

 

Pour connaître le détail des actions en région, vous pouvez également prendre contact dès à présent avec vos experts fédéraux et responsables de commission locaux dont les coordonnées sont mentionnées ICI !

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